Histoire de la cigarette

Histoire de la Cigarette

        

  

        Aujourd’hui, la cigarette domine le marché. Mais l’histoire du tabac remonte cinq siècles plus tôt. En effet, Catherine de Médicis prisait de la poudre de tabac pour calmer ses migraines. L’aristocratie d’Ancien régime préféra la pipe à la chique et les bourgeois du Second  Empire, le cigare à la cigarette toute nouvellement manufacturée…

 

 

 

 

 

Nicot et son herbe

 

Jean Nicot était un jeune et brillant ambassadeur. A Lisbonne, un marchant flamand lui présenta la « plante des Amériques ». Un jour, son cuisinier s’entailla gravement son pouce ; il lui posa, comme le faisait les Indiens, un emplâtre de tabac car Nicot avait entendu parler, par les marins, de ses vertus médicinales.

Malgré l’importance de la blessure, le pouce guérit vite, et le bruit de cette guérison « miraculeuse » se répandit jusqu’à la cour de France. Nicot commença alors à envoyer à Paris « l’herbe divine » qui devint la coqueluche de la noblesse. Au Louvre, Catherine de Médicis se soulageait de ses terribles migraines en prisant. D’autres soignaient leurs plaies et maux divers.

On commença à planter du tabac avec succès en Bretagne et en Gascogne. De retour en France peu après 1560, Nicot eut la surprise de découvrir qu’en son honneur, le mot savant « nicotiana » ou « nicotiane » était entré dans les dictionnaires tandis que le bon peuple se ruait sur « l’herbe à Nicot ». Riche et célèbre, il se retira dès trente ans, à Brie-Comte-Robert (près de Paris). Il mourut en 1600.

Quand à la croyance dans la médecine tabagique, elle persista jusqu’après les guerres napoléoniennes.

 

 

Une longue carrière

 

En 1492, Colomb découvre l’Amérique… et le tabac. C’est alors une plante médicinale : on la respire, on la fume, on la suce, on la boit même en décoction. Au cours du XVIe siècle, le tabac est acclimaté en Europe. On commence à le vendre en poudre, puis en « carotte » qu’on râpe. Il devient un produit précieux et rare. On le prise ou on le chique. Seuls le fument, en très petites quantités, les marins et les aristocrates.

Au début du XIIe siècle, l’Etat français établit le premier impôt sur l’exportation du tabac. Puis, en 1674, Colbert fait de la fabrication, de la vente et de la distribution un privilège royal (un ancêtre du monopole). Les soldats de Louis XIV vont ainsi recevoir leur premier « tabac de groupe ».

Durant la Révolution, en 1791, l’Assemblée national décrète la liberté de culture, de fabrication et de vente sur tout le territoire national. Mais Napoléon Ier, en 1811, crée le monopole des tabacs pour contrôler de nouveau l’ensemble de la production et de la vente.

Au cours de XIXe siècle, les habitudes tabagiques changent. Le tabac à priser représente encore, en 1870, un quart de la consommation française. Mais le cigare a séduit la bourgeoisie. Et surtout, la cigarette manufacturée depuis 1842, se répand largement. Plus commode que la pipe ou le cigare, elle va connaître un développement foudroyant après les deux guerres mondiales.

 

 

Qui inventa la cigarette ?

 

La légende veut qu’un soldat turc, dont le fourneau de pipe avait été emporté par une balle, ait continué de fumer au moyen d’un rouleau de papier. C’est pendant la guerre de Crimée que Français et Anglais apprirent des troupes russes l’art de rouler les cigarettes.

En France, la fabrication industrielle des cigarettes remonte à 1842. Cette année-là, 20 000 cigarettes provenant de la manufacture du Gros-Caillou, à Paris, furent vendues lors d’une vente de charité. Le succès fut immédiat.

En 1867, il s’en fume 10 millions ; en 1872 : 100 millions ; en 1876, on en est à 400 millions.

Mais c’est le XXe siècle, avec ses deux guerres et son nouveau genre de vie, qui va voir « l’écrasant triomphe de la cigarette ».

 

 

De la plante à la cigarette

 

Le tabac se récolte à partir du mois d’août, soit en tiges, soit en feuilles. Après séchage, il est stocké en gros tas ou en balles. Comme le jus de raisin qui deviendra du vin, il est alors soumis à la fermentation. A ce stade, chaque sorte de tabac reçoit un traitement qui lui est propre. Son goût, son arôme, sa couleur et sa combustibilité sont alors affinés soigneusement.

Livrées brutes aux usines, les feuilles sont ensuite battues, séparées des tiges, mélangées selon les variétés choisies, puis humidifiées, hachées, séchées, torréfiées (grillées comme le café).

Le tabac est alors prêt à être roulé dans des feuilles de papier à cigarettes. Ce papier constitue lui-même une partie important de la cigarette, puisque la future teneur en nicotine et en goudrons de celle-ci va dépendre en partie de sa texture et du nombre de perforations crées pour le passage de l’air.

Un filtre peut alors être ajouté, composé à l’extérieur d’acétate de cellulose, et à l’intérieur de granulés absorbants.

Les machines modernes produisent 5 000 cigarettes à la minute ! La production annuelle d’un pays comme la France est d’environ 65 milliards de cigarettes, sans compter les cigares, les tabacs à rouler, à priser ou à chiquer.

 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×